L’Ouzbékistan a signé avec ses partenaires étrangers des accords d’investissement pour un montant total de 140 milliards de dollars US et prévoit d’attirer 50 milliards supplémentaires l’année prochaine. Ces chiffres ont annoncés le 26 décembre par le président de l’Ouzbékistan, Chavkat Mirzioïev, dans son message adressé au parlement (Oliy Majlis) et à la nation, selon le porte-parole du chef de l’État, Sherzod Asadov.
Le président a souligné que dans un contexte de concurrence mondiale, le succès était réservé aux pays produisant des biens à forte valeur ajoutée. Le critère principal des réformes sera la transition de tous les secteurs vers un modèle de croissance innovant. Cette année déjà, la consommation d’énergie pour la production d’un dollar de biens a diminué de 13 % grâce aux nouvelles technologies.
M. Mirzioïev a souligné que la seule façon d’augmenter le volume de l’économie à 240 milliards de dollars US d’ici 2030 sera de faire passer toutes les industries aux technologies modernes. C’est précisément cette approche qui servira de base au développement économique du pays dans les années à venir.
Les exigences envers les partenaires étrangers changent. Désormais, chaque dollar investi doit contribuer au transfert de technologies, à la croissance des exportations et à la formation du personnel local.
« Autrement dit, un investisseur qui apporte des technologies de pointe et de nouvelles compétences et qui travaille à l’exportation deviendra notre partenaire le plus fiable », a expliqué le président.
L’accès aux ressources sera simplifié pour les investisseurs stratégiques. Les terrains leur seront fournis directement à leur valeur marchande. En cas de changement de catégorie du terrain, le paiement pourra être échelonné sur une période pouvant aller jusqu’à 10 ans. Une plateforme électronique centralisée, à laquelle seront connectés tous les ministères, sera mise en place pour le traitement des documents et des autorisations.
M. Mirzioïev a rappelé que les zones économiques libres attirent des marques mondiales renommées et que des normes techniques et des régimes juridiques internationaux y sont mis en place, y compris une possibilité d’arbitrage. On s’attend à ce que cela permette de créer un million d’emplois hautement rémunérés et d’attirer 180 milliards de dollars US d’investissements étrangers en cinq ans. Afin d’améliorer l’efficacité de la gestion des investissements, les activités des ministères de l’Économie et des Finances, des Investissements, de l’Industrie et du Commerce seront profondément remaniées, a annoncé le président.
Selon lui, la politique industrielle vise à faire passer la valeur ajoutée de 36,5 milliards de dollars à 60 milliards de dollars US. En 2026, il est prévu de lancer 782 nouveaux projets pour un montant de 52 milliards de dollars. Dès l’année prochaine, 228 installations d’envergure seront mises en service.
Parmi les projets clés figurent l’extension de l’exploitation des mines de Navoï et le développement du gisement de Muruntau. D’ici 2030, la production d’or devrait atteindre 175 tonnes. La construction d’un nouveau complexe métallurgique d’une valeur de 2,7 milliards de dollars pour la production de cathodes de cuivre a commencé sur le site industriel d’Almalyk. À Samarcande et à Kachkadaria, des usines de production d’engrais et de composants pour polymères sont en cours de construction.
Au total, en 2026, des projets d’une valeur de 4,5 milliards de dollars seront lancés dans l’industrie chimique, de 3 milliards de dollars dans le secteur minier et de 2 milliards de dollars dans le secteur des hydrocarbures.
Une attention particulière sera accordée au secteur des technologies de l’information et aux start-ups. Il est prévu de porter les exportations de services informatiques à 5 milliards de dollars d’ici 2030. À Tachkent, Boukhara, Fergana et dans la région de Tachkent, quatre centres de données, deux supercalculateurs et 15 laboratoires d’intelligence artificielle seront mis en service. Un bureau des technologies financières est en cours de création, en collaboration avec Singapour, afin de permettre aux start-ups locales de se développer sur les marchés étrangers.
M. Mirzioïev a également abordé le développement du marché des capitaux. Les entreprises locales seront autorisées à émettre des obligations en devises à l’intérieur du pays et, à partir de l’année prochaine, elles pourront pour la première fois entrer sur les marchés boursiers internationaux. Cela permettra d’attirer un milliard de dollars US supplémentaires dans le secteur.



