Le porte-parole du président kirghize, Asgat Alagozov, a commenté l'absence de réaction officielle aux récentes déclarations du présentateur de télévision russe Vladimir Soloviev. Dans son émission télévisée du 10 janvier, le journaliste avait qualifié l'Asie centrale de « nôtre » et a évoqué la possibilité d'une « opération militaire » dans différentes zones d'influence de la Russie.
« De telles déclarations doivent être considérées comme des propos vides de sens et peu sérieux, prononcés au cours des nombreuses heures d'antenne du journaliste et présentateur de télévision russe sur des sujets très variés. [...] Il en serait autrement si de telles déclarations avaient été faites par un député ou un ministre. Dans ce cas, la réponse aurait été donnée par nos députés ou des membres du gouvernement », a écrit M. Alagozov.
Commentant la proposition du député kirghize Dastan Bekeshev de déclarer Soloviev persona non grata, M. Alagozov n'a pas exclu qu'elle soit examinée.
« Il est important de souligner ici l'essentiel : les relations bilatérales et multilatérales entre la Russie et notre pays, ainsi qu'entre la Fédération de Russie et les États d'Asie centrale dans leur ensemble, sont établies au plus haut niveau. En témoignent les visites réciproques à différents niveaux, ainsi que la coopération dans le cadre d'organisations telles que la CEI, l'UEEA et l'OCS. Compte tenu de cela, je considère que toute spéculation de ce type est sans fondement », a souligné M. Alagozov.
Il a également noté que M. Soloviev travaillait pour la télévision publique et que « ses déclarations incompréhensibles, qui provoquent des tensions dans les relations entre les peuples, suscitent au minimum des malentendus parmi les citoyens des États amis et, dans certains cas, réclament des mesures strictes ».
« Nous espérons que ses supérieurs prendront les mesures qui s'imposent », a conclu le porte-parole du président kirghize.
Les autres pays d'Asie centrale n'ont pas non plus réagi officiellement.
Selon l'avis du député kazakh Aidos Sarym, la réaction doit être proportionnée à la source des propos.
« Il me semble qu'il serait excessif de réagir à chaque éternuement de Soloviev par des notes de protestation. Si vous vous faites piquer par un moustique, vous n'allez pas lui tirer dessus avec une mitraillette. La réponse, dans ce genre de cas, devrait venir des journalistes, des politologues », a déclaré M. Sarym. Le député a toutefois admis que le Kazakhstan pourrait déclarer M. Soloviev persona non grata et lui interdire l'entrée sur son territoire.
Le leader du parti ouzbek Milliy Tiklanish (« Renaissance nationale »), Alisher Kadyrov, a souligné qu'il fallait rester calme face aux appels des « chauvins russes » à « violer les principes fondamentaux du droit international et à provoquer des actions militaires en Asie centrale ».
« Les déclarations incessantes dans les médias russes non seulement contredisent l'esprit des partenariats stratégiques et des alliances, mais ont également un effet destructeur sur ceux-ci. [...] L'Asie centrale est une région [...] où des nations proches sont unies et capables de répondre fermement à toute agression ! », a déclaré l’homme politique ouzbek.



